Comment faire travailler ensemble plusieurs générations ?
5,5 mins de lecture | Marion Gadot & Eunice Batep | Article | Gestion des talents

Boomer vs Gen-Z : voici quelques idées pour rétablir la bonne entente !
Les conflits entre générations existent depuis la nuit des temps, dans la sphère familiale comme dans le monde professionnel. Après la Seconde Guerre mondiale, les générations arrivantes se sont vu attribuer différents noms.
Aujourd’hui, quatre générations, toutes singulières, se côtoient sur le marché du travail et il est important de comprendre leur fonctionnement et leurs attentes afin d’assurer une cohésion d’ensemble en entreprise. Quelles sont ces générations et comment pouvons-nous les aider à cohabiter et à travailler en parfaite harmonie ? Notre réponse dans cet article !
À chaque génération ses singularités
Baby-boomers :
Fruits du « baby-boom » (1943-1959), ses membres sont aujourd’hui les plus âgés des générations actuelles. Ils ont vécu d’importantes transformations historiques et sociétales où le plein-emploi battait son plein, expliquant ainsi leur vision professionnelle. En effet, cette génération de baby-boomers se distingue par sa forte implication au travail et son respect de la hiérarchie.
Génération X :
Nés entre 1960 et 1980, les membres de la Génération X ont également été témoins de nombreux changements historiques et politiques. Dans le milieu professionnel, ils peuvent faire preuve d’une certaine rigueur envers eux-mêmes, mais aussi envers leur travail.
Soucieux de bien faire et de leur réussite, leur conscience professionnelle est prépondérante et leur dévouement à leur entreprise se fait ressentir. Par ailleurs, ils peuvent montrer un esprit de compétitivité accru et suivre des règles strictes, que ce soit par rapport à l’autorité ou à la hiérarchie.
Génération Y :
Communément appelés « millénials », nés entre 1980 et 1999, ces derniers ont un rapport au travail assez différent si on les compare à leurs prédécesseurs. Un peu plus réticents à l’autorité, ils n’ont pas peur de clairement s’exprimer et d’émettre des remarques.
Ils accordent une place très importante à leur qualité de vie et ont un fort besoin de reconnaissance. En donnant du sens à son travail, avec des objectifs et des projets motivants, cette génération exprime un besoin important de progresser et de monter en compétences, par le biais de différentes formations par exemple.
Génération Z :
La « Gen-Z », dont les membres sont nés après 1999, est dite hyperconnectée de par sa familiarité naturelle avec les outils informatiques, mais également avec la présence omniprésente d’internet dans son quotidien. Extrêmement indépendants, ses membres ne craignent pas de prendre des initiatives et d’échouer : l’échec n’est pas diabolisé, mais vu comme un réel pas vers la réussite. Cependant, leurs exigences au niveau d’inclusivité, de diversité, tout comme leur conscience environnementale grandissante, se font plus que ressentir.
Chaque génération a donc son propre rapport au travail, à l’entreprise et à la hiérarchie. Différentes, mais complémentaires, ces dernières apportent mutuellement des atouts aux entreprises. C’est d’ailleurs ce qu’affirmait Tina Ling, PDG Hays France & Luxembourg dans notre enquête de 2018 « La cohabitation des générations au travail » :
« Une mixité intergénérationnelle des équipes permet un transfert des savoir-faire, témoigne d’une structure riche et diversifiée et contribue aux performances de l’entreprise. Le grand défi de tout employeur est donc d’étudier des pistes d’actions pour parvenir à faire cohabiter les différentes générations, lutter contre les stéréotypes liés à chacune d’elles pour garder un climat de travail agréable et booster les performances de l’entreprise. » Tina Ling, PDG Hays France & Luxembourg.
Le management intergénérationnel : une mine d’or pour l’entreprise
Le mélange des générations est une mine d’or pour les entreprises, et ce peu importe leur taille. En plus de promouvoir la diversité et l’inclusivité, cela permet de faire briller sa marque employeur.
Déconstruire les stéréotypes
Les stéréotypes sont de réels fléaux au sein de nos sociétés actuelles. Elles influent grandement sur le devenir d’une personne, et le monde du travail n’est pas épargné. Ainsi, selon les croyances, les seniors seraient non familiers avec les outils informatiques et le monde du web, freinant alors le développement de l’entreprise, en plus de leur présumée difficulté à s’adapter.
Quant à elle, la plus jeune génération serait perçue comme experte du domaine informatique et web. Cependant, leur soi-disant insolence et leur manque d’effort ne motiveraient pas certaines sociétés à les recruter.
Malheureusement, ces stéréotypes affectent aussi bien l’entreprise que les individus concernés. Il n’est pas rare de rencontrer des seniors s’étant vu refuser un poste en raison de leur âge, renforçant ainsi leur difficulté à s’insérer dans le monde du travail. En somme, il s’agit là de tout un panel de stéréotypes qu’il est nécessaire de dépasser. Gardez à l’esprit que vous recrutez des personnalités, des compétences, et des soft skills, et non un âge.
« Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait ! »
Nous avons tous eu écho de cette expression, initialement issue de l’ouvrage Les Prémices d’Henri Estienne. Malgré la simplicité des mots, cette phrase est vouée à être interprétée et attribuée de différentes manières, selon la réflexion de tout un chacun.
D’abord, on peut y voir un certain pessimisme, en voulant opposer le manque de savoir de l’un au manque de force de l’autre.
Cependant, la nuance qui se doit d’être notée est la suivante : l’expérience des aînés mêlée à la force de la jeunesse peuvent être complémentaires. Quand les générations plus âgées apportent leurs connaissances sur l’industrie et partagent les problèmes qu’elles ont traversé, la génération plus jeune, quant à elle, peut apporter des perspectives nouvelles, tout en tirant parti de l’expérience des autres générations.
Favoriser les échanges entre les collaborateurs
Afin d’assurer le bon fonctionnement d’une entreprise, il faut créer une entente cordiale et harmonieuse au sein de celle-ci. Chacun doit savoir écouter et se faire écouter, mais également être capable de donner de lui-même, en apportant son savoir-faire et son savoir-être pour relever la qualité de la vie au travail.
Pour y arriver, il pourrait être intéressant d’implémenter un système de feedbacks entre les différents employés pour permettre à tout un chacun d'échanger plus efficacement et ouvertement en cas de tensions.
Par ailleurs, les réunions d’équipe peuvent être un bon moyen de renforcer ce sentiment d’appartenance et de permettre à chacun de s’exprimer sur un sujet donné, le tout en favorisant cette dynamique d’identité d’équipe, mais aussi de culture d’entreprise.
Sur la même lignée, les objectifs à atteindre pourraient ne pas tous être strictement individuels mais s’étendre à l’ensemble de l’équipe. Ainsi, on célèbre une « victoire » en tant qu’équipe de sorte à inclure l’ensemble des collaborateurs.
Un melting pot d’idées florissantes
Il est clair que chaque génération a une approche et une vision bien singulière quant au travail, à l’entreprise ainsi qu’à la hiérarchie. Cependant, il est important de rappeler que ce melting pot unique de vision et de point de vue en fait une richesse.
Cette opulence d’idées est notamment garantie et favorisée par la différence d’expérience de vie de ces générations. Les plus anciennes possèdent un certain savoir du métier qu’il est important de préserver et qui pourrait être transmis aux plus jeunes générations sous forme de mentorat classique.
De leur côté, les « digital natives » nés après 1995 arrivent dans le monde du travail avec un bagage universitaire et technique conséquent. Ces générations plus jeunes possèdent également des compétences sur les nouvelles technologies ou encore les nouvelles habitudes de consommation qui peuvent être partagées et transmises. Pourquoi ne pas alors mettre en place un système de mentorat inversé, où les jeunes générations transmettent leur savoir aux plus âgés ?
En somme, une génération ne devrait pas s’adapter à une autre, mais s’efforcer de coexister, collaborer et mutualiser les connaissances communes. Finalement, tisser un lien entre les générations, c’est tirer pleinement profit des talents et des compétences de chacun.
À propos de l'auteur
Marion Gadot - Head of Talent Management
Psychologue de formation, Marion présente une expérience de plus de 20 ans dans les Ressources Humaines et le recrutement.
Elle intègre Hays en 2004 et évolue en tant que Consultante puis Manager au sein du bureau de Paris. Elle a managé plusieurs divisions (Immobilier, Public Para-Public, RH & Juridique, HCRH, …) et une équipe de 5 à 25 Consultants avant de rejoindre le département People & Culture en 2018.
Depuis 4 ans, Marion est Responsable du Talent Management pour Hays France & Luxembourg. Elle est également Responsable de projets RH et référente Parentalité et Mobilité.